Toutes les plages de Maurice sont publiques : personne ne peut vous interdire l'accès au lagon, même devant les grands hôtels. La vraie question n'est donc pas « où a-t-on le droit d'aller » mais « comment y aller », et c'est là que la voiture change tout. Les plus belles plages sont réparties sur les quatre côtes, souvent loin des lignes de bus, et les meilleures heures (tôt le matin, fin d'après-midi) ne coïncident pas avec les horaires des navettes d'hôtel.
Voici notre sélection côte par côte, avec ce qu'il faut savoir avant de charger les serviettes dans le coffre.
Le nord : Mont Choisy, Trou aux Biches et Pereybère
C'est le triangle classique, et pour de bonnes raisons. Mont Choisy déroule près de deux kilomètres de sable blanc bordés de filaos, avec un grand parking ombragé le long de la route côtière. Trou aux Biches, plus intime, offre le meilleur snorkeling de la zone à quelques brasses du bord : arrivez avant 10 h pour vous garer facilement. Pereybère, petite baie profonde très appréciée des familles mauriciennes, s'anime le week-end avec ses marchands de glaces et d'ananas confits.
En voiture, les trois plages s'enchaînent en moins de vingt minutes par la B13 : une matinée suffit pour les tester et choisir sa préférée.
L'ouest : Flic-en-Flac, Tamarin et Le Morne
Flic-en-Flac aligne l'un des plus longs rubans de sable de l'île, face à des couchers de soleil spectaculaires : le parking sous les filaos se remplit le dimanche, jour de pique-nique des familles locales. Plus au sud, Tamarin garde une âme de village de surfeurs : la baie accueille régulièrement des dauphins au lever du jour. Enfin, la plage publique du Morne, au pied de la montagne classée à l'UNESCO, est probablement le plus beau décor de baignade de Maurice, avec le kitesurf en toile de fond.
Comptez 45 minutes de route entre Flic-en-Flac et Le Morne par la côtière A3 : l'un des plus beaux trajets de l'île, à faire en fin d'après-midi quand la lumière dore la montagne.
Le sud : Blue Bay, Gris-Gris et les plages sauvages
Blue Bay, près de Mahébourg, est le spot de snorkeling par excellence : son parc marin protégé abrite des coraux que l'on observe à même le masque ou en bateau à fond de verre. À l'opposé, Gris-Gris à Souillac n'est pas une plage de baignade : les vagues y frappent des falaises noires sans récif protecteur, un paysage brut qui vaut le détour, surtout combiné à la Roche qui Pleure voisine.
Entre les deux, la côte sud égrène des criques quasi désertes (St Félix, Riambel) où vous serez souvent seuls en semaine. C'est le sud comme on l'aime : sans voiture, il est tout simplement inaccessible.
L'est : Belle Mare, Palmar et l'Île aux Cerfs
La côte est possède le sable le plus fin et le lagon le plus turquoise de Maurice. Belle Mare et Palmar s'étirent sur des kilomètres, avec une eau calme idéale le matin (le vent se lève souvent l'après-midi, surtout de juin à septembre). Depuis Trou d'Eau Douce, des bateaux-navettes rejoignent l'Île aux Cerfs en vingt minutes : garez-vous au village et négociez la traversée sur place.
Astuce : l'est est à l'opposé des zones hôtelières du nord et de l'ouest. En voiture, c'est 1 h à 1 h 15 de route : partez tôt et faites-en une vraie journée d'excursion, marché de Flacq inclus.
Nos conseils pratiques pour les plages en voiture
- Le parking des plages publiques est gratuit presque partout : cherchez l'ombre des filaos et ne laissez aucun objet visible dans l'habitacle.
- Le week-end, les familles mauriciennes pique-niquent sur les plages populaires (Mont Choisy, Flic-en-Flac, Blue Bay) : ambiance garantie, mais arrivez tôt pour vous garer.
- En hiver austral (juin-septembre), privilégiez le nord et l'ouest, mieux abrités du vent que la côte est.
- Les plus belles lumières sont avant 9 h et après 16 h : la voiture permet justement d'être là aux bonnes heures.
- Emportez de l'eau et de la crème solaire : certaines plages du sud n'ont ni boutique ni marchand ambulant.
Une semaine à Maurice permet de tester les quatre côtes : à condition d'être motorisé. Repérez les plages qui vous tentent, groupez-les par région, et laissez une place à l'imprévu : c'est souvent la petite crique aperçue depuis la route qui devient le meilleur souvenir du séjour.