Maurice est une petite île, 65 km du nord au sud, mais s'y déplacer demande un peu de stratégie. Le réseau de transport public dessert bien les villes, beaucoup moins les plages et les sites touristiques ; les taxis roulent sans compteur ; et les applis de VTC internationales brillent par leur absence. Voici le comparatif complet pour choisir en connaissance de cause.
Le bus : économique, authentique… et lent
Avec des tickets entre 15 et 40 roupies, le bus est imbattable côté budget, et c'est une vraie expérience locale. Le réseau relie efficacement les villes du corridor central (Port-Louis, Rose Hill, Quatre Bornes, Curepipe) et les gros bourgs côtiers. Mais les fréquences chutent vite hors des grands axes, la plupart des lignes s'arrêtent entre 18 h et 19 h, et de nombreuses plages ou sites (Chamarel, Grand Bassin, Le Morne) sont mal ou pas desservis.
Verdict : parfait pour une virée à Port-Louis depuis Grand Baie, insuffisant pour construire un séjour complet autour.
Le Metro Express : moderne mais urbain
Le tramway mauricien relie Port-Louis à Curepipe via Rose Hill et Quatre Bornes, avec des rames climatisées et ponctuelles. C'est un excellent moyen d'explorer le corridor urbain sans se soucier du stationnement. Sa limite est évidente : il ne va ni vers les plages, ni vers l'aéroport, ni vers les régions touristiques. Pour un voyageur, c'est un complément agréable, pas une solution de mobilité.
Le taxi : pratique, mais tout se négocie
Les taxis mauriciens n'utilisent pas de compteur : le prix se fixe avant de monter, et il varie selon votre talent de négociateur. Comptez en ordre de grandeur 1 500 à 2 500 roupies entre l'aéroport et le nord de l'île, et 3 500 à 5 000 roupies pour une excursion à la journée avec chauffeur. Les chauffeurs sont souvent d'excellents guides : beaucoup de visiteurs combinent d'ailleurs un taxi-excursion ponctuel avec un autre mode de transport le reste du séjour.
À savoir : pas d'Uber à Maurice. Quelques applis locales existent mais l'offre reste limitée aux zones urbaines et les prix se rapprochent de ceux des taxis classiques.
La voiture de location : la liberté, au prix d'un plein
À partir d'environ 1 200 à 1 800 roupies par jour pour une citadine en basse saison (davantage en décembre-janvier), la location devient vite compétitive dès que l'on se déplace un peu : deux trajets en taxi couvrent une journée de location. Surtout, elle débloque ce que les autres modes ne permettent pas : le lever de soleil sur la côte est, le marché de Flacq un mardi matin, la crique déserte du sud, le restaurant de bord de mer à 21 h.
L'essence coûte autour de 65-70 roupies le litre et un tour complet de l'île représente moins de 200 km : le budget carburant reste modeste à l'échelle d'un séjour.
Le match en résumé
- Budget serré, séjour urbain, temps devant vous : le bus, complété par le Metro Express.
- Un aller-retour ponctuel (aéroport, dîner, excursion guidée) : le taxi, prix négocié avant de monter.
- Explorer l'île, plages et sites à votre rythme : la voiture de location, sans équivalent dès que vous sortez des villes.
- Le combo malin de nombreux voyageurs : voiture de location pour le cœur du séjour + un taxi-excursion avec chauffeur-guide pour une journée « découverte » sans conduire.
En résumé : le transport public mauricien est attachant et très bon marché, mais il dessine un séjour en pointillé. Si votre programme ressemble plus à « plages, cascades et petits villages » qu'à « centre-ville », la voiture reste l'outil qui transforme l'île en terrain de jeu. Comparez les offres des agences locales agréées et réservez tôt en haute saison.